Un aquarium peut-il devenir un « médiateur relationnel » à l’hôpital ?
Récemment, nous avons découvert un article consacré aux 12 aquariums installés au sein de l’hôpital de Beauvais.
Ce qui a particulièrement retenu notre attention n’est pas seulement le nombre d’aquariums présents dans l’établissement, mais une expression utilisée pour les décrire :
« médiateurs relationnels ».
Cette formulation nous a fait réfléchir à la place que peut occuper un aquarium dans un environnement de soins.
Car dans un hôpital, un aquarium n’est évidemment pas un élément médical. Il ne soigne pas une maladie et ne remplace aucun traitement.
Mais il peut jouer un autre rôle : celui d’un point d’attention, d’un support d’échange et d’une présence vivante au sein d’un environnement souvent très fonctionnel.
L’attente à l’hôpital : un moment particulier
Une salle d’attente n’est jamais tout à fait une salle comme les autres.
On peut y attendre un rendez-vous, un examen, une consultation ou les nouvelles d’un proche.
L’attente peut être accompagnée d’inquiétude, de stress ou simplement d’une certaine tension liée au contexte.
Dans cet environnement, notre attention est souvent dirigée vers ce qui va se passer ensuite.
Puis, au milieu des sièges, des portes, des panneaux d'information et des équipements médicaux, il y a parfois un aquarium.
On regarde les poissons.
Un mouvement attire l’œil.
Puis un autre.
On observe le décor, les plantes, les comportements des animaux.
Une personne qui accompagne un patient peut faire une remarque.
Une conversation peut commencer autour de ce que l’on vient de voir.
Pendant quelques instants, l’attention peut alors se déplacer vers autre chose.
Il ne faut pas nécessairement y voir davantage qu’un moment de distraction ou d’observation.
Mais c’est justement ce qui rend l’idée intéressante.
Un aquarium peut introduire une présence qui n’est pas directement liée au contexte médical.
« Médiateur relationnel » : une expression intéressante
C’est cette idée qui nous a particulièrement interpellés dans l’article consacré à l’hôpital de Beauvais.
Un médiateur est, au sens large, quelque chose qui facilite une relation ou crée un lien entre plusieurs personnes.
Dans le cas d’un aquarium, ce rôle peut être très simple.
Deux personnes qui ne se connaissent pas forcément peuvent se retrouver à observer la même chose.
Un enfant peut poser une question à son parent.
Un patient peut parler des poissons avec une personne qui l’accompagne.
Un soignant peut échanger quelques mots avec un patient à propos de l’aquarium.
L’aquarium devient alors un objet commun autour duquel une interaction peut naturellement se créer.
Il ne s’agit pas d’un effet spectaculaire.
Et il serait excessif d'affirmer qu'un aquarium transforme systématiquement les relations entre les personnes.
Mais cette capacité à devenir un point de rencontre ou de conversation est intéressante à observer.
Une « oasis » au milieu de l’hôpital
L’article parle également d’une « oasis dans l’hôpital ».
Cette image nous a beaucoup plu.
Une oasis est un espace qui tranche avec son environnement.
Et c’est peut-être aussi ce qui se produit lorsqu’un élément vivant est introduit dans un lieu essentiellement conçu autour de fonctions pratiques.
Un hôpital doit avant tout être fonctionnel.
Il doit permettre aux professionnels de travailler, aux patients d’être pris en charge et aux visiteurs de circuler efficacement.
Mais cela ne signifie pas que l’environnement dans lequel ces personnes évoluent est sans importance.
L’architecture, la lumière, les matériaux, les sons, les espaces verts ou encore les éléments naturels participent tous à la manière dont un lieu est perçu.
Dans ce contexte, un aquarium peut apporter quelque chose de très différent :
du mouvement, de la vie et une présence naturelle dans un environnement souvent froid.
Et si notre environnement influençait notre expérience du lieu ?
Cette réflexion rejoint une notion qui nous intéresse particulièrement : la biophilie.
Le terme désigne l’idée d’une affinité ou d’une attirance de l’être humain pour le vivant et la nature.
Dans l’architecture et l’aménagement des espaces, cette notion a notamment contribué à développer une réflexion sur la manière d'intégrer davantage d’éléments naturels dans les environnements construits.
Cela peut passer par la lumière naturelle, les plantes, les matériaux, les vues vers l’extérieur, l’eau ou encore certains éléments directement associés au vivant.
L’aquarium peut trouver sa place dans cette réflexion.
Mais là encore, il faut rester prudent.
La biophilie ne signifie pas qu’il suffit d’ajouter une plante ou un aquarium dans une pièce pour améliorer automatiquement le bien-être de ses occupants.
Les effets dépendent du contexte, de la manière dont l’espace est conçu et de nombreux autres facteurs.
Ce qui nous intéresse davantage est une question plus simple :
quelle place voulons-nous laisser au vivant dans les lieux que nous construisons et que nous fréquentons quotidiennement ?
Une réflexion qui dépasse largement l’hôpital
L’exemple de Beauvais est particulièrement intéressant parce qu’il se situe dans un environnement de soins.
Mais la réflexion peut être transposée à beaucoup d’autres lieux.
Dans un EHPAD
Un aquarium peut devenir un élément d’observation et de conversation.
Il peut également constituer un point de repère visuel dans un espace commun.
Là encore, chaque établissement et chaque public sont différents. L’intérêt d’un tel projet dépend donc de la manière dont il est pensé et intégré.
Dans un cabinet médical ou dentaire
La salle d’attente est un espace particulièrement intéressant.
Le patient y passe parfois plusieurs minutes avant son rendez-vous, dans un environnement où l’attention peut être tournée vers la consultation à venir.
Un aquarium peut offrir un point d’attention différent.
Il peut également devenir un sujet de conversation, notamment avec les enfants.
Dans un hôtel
Le rôle peut être encore différent.
Ici, l’enjeu n’est plus celui de l’attente médicale mais celui de l’expérience du lieu.
Un aquarium soigneusement intégré à un hall, un espace lounge ou un restaurant peut participer à l’identité visuelle de l’établissement.
Il devient alors un élément de l’expérience proposée au visiteur.
Dans un restaurant
L’aquarium peut également créer un point d’attention dans une salle.
Le mouvement des poissons, la végétation aquatique et la lumière peuvent apporter une dimension vivante à un décor.
Là encore, tout dépend du projet : emplacement, dimensions, éclairage, population animale, entretien et cohérence avec l’identité du restaurant.
Dans une entreprise
Pourquoi réserver les éléments naturels aux espaces accueillant du public ?
Les collaborateurs passent eux aussi une grande partie de leur journée dans des environnements construits.
Un espace de pause ou un lieu d’accueil peut intégrer différents éléments de nature.
L’aquarium peut en faire partie.
L’aquarium comme élément architectural
C’est probablement cette idée qui nous intéresse le plus dans notre métier.
On parle souvent d’un aquarium comme d’un objet décoratif.
On choisit un modèle, on lui trouve une place et on l’installe.
Mais lorsqu’un projet est réellement réfléchi, la démarche peut être très différente.
L’aquarium peut être pensé dès la conception de l’espace.
Sa taille.
Son emplacement.
La relation avec les lignes architecturales.
La visibilité depuis les différents points de vue.
La lumière.
Les matériaux qui l’entourent.
Le choix du décor et de la population.
L'accès technique pour la maintenance.
Tous ces éléments peuvent transformer un aquarium en quelque chose de beaucoup plus intégré au lieu.
Il ne s’agit plus simplement de placer un aquarium dans une pièce, mais de réfléchir à la place de cet aquarium dans la pièce.
Et cette nuance est importante.
Chez Aqua & Scape, c’est cette approche qui nous intéresse
Chez Aqua & Scape, nous ne nous intéressons pas uniquement à la manière de créer un bel aquarium.
Nous nous intéressons également à la manière dont un environnement vivant peut prendre place dans un espace et participer à l’expérience de ceux qui le fréquentent.
Selon le lieu, cette expérience peut être très différente.
Dans un hôpital, il peut s’agir d’apporter une présence vivante dans un environnement médical.
Dans un hôtel, de participer à l’identité du lieu.
Dans un restaurant, de créer un point d’attention.
Dans un cabinet, de rendre une salle d’attente moins impersonnelle.
Dans une entreprise, d’intégrer davantage de vivant dans un environnement de travail.
L’aquarium reste le même objet dans sa définition.
Mais son rôle peut changer complètement en fonction du lieu dans lequel il est installé.
Les 12 aquariums de Beauvais : un exemple qui mérite réflexion
Les 12 aquariums de l’hôpital de Beauvais illustrent, à nos yeux, une évolution intéressante dans notre manière de considérer les espaces de soins.
Un aquarium n’est pas un dispositif médical.
Mais il peut contribuer à l’environnement dans lequel le soin se déroule.
Il peut attirer l’attention.
Créer une conversation.
Introduire une présence de vie.
Rompre momentanément avec un environnement très fonctionnel.
Et peut-être, simplement, offrir quelques instants pendant lesquels on regarde autre chose.
C’est finalement peut-être cela qui nous a plu dans l’expression « médiateur relationnel ».
Elle invite à regarder l’aquarium autrement.
Non plus seulement comme un objet que l’on admire, mais comme un élément qui peut participer à la vie d’un lieu et aux interactions qui s’y produisent.
Et c’est une réflexion que nous souhaitons continuer à explorer à travers Aqua & Scape :
quelle place le vivant peut-il réellement prendre dans nos espaces ?
Pour aller plus loin
Cet article est parti d’un reportage consacré aux aquariums de l’hôpital de Beauvais.
🔗 Article de France 3 : https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/oise/beauvais/c-est-vraiment-un-mediateur-relationnel-des-aquariums-dans-l-hopital-de-beauvais-apportent-de-nombreux-bienfaits-3410453.html
« C’est vraiment un médiateur relationnel » — des aquariums installés au sein de l’hôpital de Beauvais apportent de nombreux bienfaits.